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Exposé du Président de l’ALEPS

Exposé du Président de l’ALEPS
août 28
17:02 2017

CHRONIQUE DU GRAND LARGE.

Paris, le 29 février 2016.
« La seule solution qui marche est celle qu’on n’a pas essayée ».

« On a tout essayé » disait François Mitterrand à propos du chômage.
Comme d’habitude, c’était faux.

Il y a certes eu de nombreuses réformes pour essayer de faire baisser le chômage :
– celle du traitement social du chômage ………………………..échec ;
– celle du partage du travail ……………………………………….. échec ;
– celle de l’amplification
de la règlementation et des normes …………………………….. échec ;
– celle de la réduction
du temps de travail avec les 35 heures ………………………… échec ;
– celle des contrats aidés ……………………………………………. échec.

Et pourtant il y a une solution qui marche, c’est celle qui a été pratiquée par tous les pays qui ont réussi à retrouver le plein emploi : les Etats Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas, la Suède, tous ces Etats ont réduit leur taux de chômage aux environs de 5% c’est-à-dire au plein emploi compte-tenu des inévitables mutations professionnelles.

Même l’Italie dont le taux est similaire au nôtre commence à connaître une amélioration grâce aux réformes Renzi du droit du travail.

Quelle est donc cette solution qui réussit partout et que nous n’avons pas pratiquée ?

Elle consiste simplement à laisser aux parties la liberté de choisir les règles de leur contrat.

Le Code du travail est pour l’essentiel impératif c’est-à-dire qu’on ne peut y déroger.

Le cas concret pourrait être le suivant : une entreprise négocie une importante commande qui nécessiterait pour faire le travail, beaucoup plus d’heures de travail.

Cela suppose soit que les salariés de l’entreprise travaillent au-delà du maximum d’heures fixé par la loi, soit que l’entreprise embauche des salariés.

Mais lorsque la commande sera satisfaite, ces salariés supplémentaires n’auront plus de travail et devront être licenciés.

Or le licenciement est difficile et coûteux en droit du travail français car il faut, comme le dit le code, une « cause réelle et sérieuse ».

C’est pourquoi le projet El Khomri veut limiter, plafonner les indemnités de licenciement accordées par les tribunaux.

 

Face à ces rigidités créées par la législation quant au temps de travail et à la résiliation d’un contrat, les entreprises ont le choix soit de n’embaucher que pour une durée limitée donc en CDD (86% des embauches actuellement) soit de ne pas embaucher du tout en renonçant à la commande ou en n’en prenant qu’une partie ou en en sous-traitant une autre partie, ce qui crée beaucoup de complications.

 

Dans les pays à plein emploi c’est beaucoup plus simple puisque la loi n’est que supplétive et non pas impérative, on peut y déroger sur le temps de travail, sur la fin du contrat, sur le niveau de rémunération (le salaire minimum est par exemple nettement moins élevé en Allemagne qu’en France et n’existait même pas jusqu’à maintenant).

 

Cette flexibilité, cette confiance rend le recrutement plus facile. En d’autres termes, c’est l’excès de règlementation et de normes qui crée le chômage puisqu’il n’existe pas dans les pays où il y a moins de législation et moins de méfiance comme l’Angleterre et l’Allemagne.

D’où le projet El Khomri dont l’objectif est d’assouplir le Code du Travail, véritable machine à décourager l’initiative et l’emploi, pour réduire le chômage de masse qui frappe 5 à 6 millions de personnes en France.

Dans une autre chronique, j’entrerai plus dans le détail de ce projet pour voir ce qu’il a d’utile et ce qu’il a de fâcheux.

Mais, pour l’heure, restons-en à l’accueil qu’il reçoit et faisons un petit retour en arrière.

 

Il y a bientôt 4 ans lorsque François Hollande a gagné les élections, il a aussitôt pratiqué une politique typiquement socialiste : hausses fiscales fortes, hausses de dépenses publiques avec le retour partiel à la retraite à 60 ans et l’arrêt du départ à la retraite d’un fonctionnaire sur deux, augmentation du SMIC et plus généralement toutes sortes de règles et avantages démagogiques (par exemple rétablissement du jour de carence pour les fonctionnaires), toute cette masse s’est abattue sur nous et a eu un effet d’inhibition.

Résultat : manque de confiance et augmentation du chômage faute de création d’emploi par peur des conséquences de l’embauche.

Aujourd’hui le gouvernement contemple le désastre qu’il a causé, veut changer de politique et faire l’inverse.

Ce changement à 180° pose plusieurs problèmes :

1. peut-on y croire vraiment ? Un chat peut-il par miracle se mettre à aboyer plutôt qu’à miauler ?

2. le gouvernement va se heurter à ses troupes de députés de gauche qui sont hostiles à de telles réformes et qui, lorsqu’ils ont été mis en présence de telles tentatives, ont eu à coeur de détricoter les projets en les vidant de leur substance et de toute efficacité.

Ce fut le cas avec le pacte de compétitivité M. Yann Galut, député du Cher, vient de s’opposer frontalement à ce nouveau projet pour ne prendre que cet exemple d’un député « frondeur ».

3. Le gouvernement va également se heurter aux nocifs professionnels, c’est-à-dire aux syndicats qui défendent certains salariés protégés par leur statut beaucoup plus que les travailleurs précaires, les chômeurs, les temps partiels, tous ceux qui cherchent du travail et n’en trouvent pas à cause des rigidités dont bénéficient les privilégiés.

 

Ces syndicalistes ne connaissent qu’une méthode, celle de la grève et du conflit.
Ils sont opposés au référendum dans les entreprises proposé par le projet, et expérimenté avec succès chez Smart (automobile), parce qu’ils savent qu’ils y sont minoritaires.

Ils sont opposés au travail la nuit ou le dimanche car ces interdictions, quand elles existent, leur permettent de voler leur travail aux travailleurs en les empêchant de travailler et en percevant des astreintes.
Ils sont opposés à ce qu’une entreprise puisse licencier quand elle est en mauvaise passe sous le prétexte que l’entreprise en question fait partie d’un groupe qui fait des bénéfices. Donc le groupe devrait continuer à payer ad vitam aeternam les pertes de sa filiale.

Ils veulent au contraire plus de règlementation, par exemple sur le temps partiel, plus de rigidité. Ils veulent aussi augmenter de 15% les salaires de tous.
C’est ce que M. Ph. Martinez le secrétaire général de la CGT a déclaré démagogiquement.

Ces gens, bêtes et méchants, sectaires et bornés, viennent curieusement de se trouver un allié objectif, lequel a déclaré : « On détricote le pacte social français… un projet beaucoup moins innocent qui nous ramène sous certains aspects au 19ème siècle. »

Ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent ou la sinistre Clémentine Autain qui a prononcé cette phrase. C’est Florian Philippot, n°2 du Front National.

Je vous laisse méditer ce véritable déni de réalité.

Patrick Simon.
Président de l’ALEPS.

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